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L’acceptation des vaccins au Canada : soutenir la confiance, la demande et la résilience

L'équipe du CANVax


L’acceptation des vaccins est un enjeu qui prend de l’ampleur, comme en témoignent les éclosions de maladies que l’on croyait sous contrôle et en voie d’éradication. Malgré les avancées énormes dans la mise au point et l’innocuité des vaccins et dans l’accès aux vaccins, certains parents continuent de douter de leur nécessité, de leur innocuité et de leur efficacité et hésitent à les accepter (1). L’hésitation vaccinale désigne la réticence ou le refus de se faire vacciner malgré la disponibilité des vaccins; c’est une question à la fois complexe et spécifique, qui varie dans le temps, le lieu et selon le vaccin. Elle est influencée par des facteurs comme la complaisance, les contraintes (commodités) et la confiance (2).

Les facteurs suivants sont susceptibles de renforcer les inquiétudes par rapport aux vaccins et d’en influencer l’acceptation (3-5) :

  • L’innocuité des vaccins : Les vaccins sont victimes de leur succès. Le public n’étant plus inquiet des maladies contre lesquelles les vaccins nous protègent, ce sont les risques et l’innocuité des vaccins qui deviennent des sources d’inquiétude.
  • Le manque de culture scientifique :
    • Le langage savant employé pour décrire les résultats scientifiques peut être mal compris du grand public et même de certains praticiens des soins de santé. De plus, les études étant plus facilement accessibles en ligne de nos jours, les informations qu’elles contiennent deviennent plus faciles à consulter et, parfois, à mal interpréter.

    • La publication d’études inférieures aux normes – comme l’article retiré par Andrew Wakefield qui établissait à tort l’existence d’un lien entre le vaccin RRO et l’autisme – cause beaucoup de confusion et de peur. Même aujourd’hui, les inquiétudes au sujet du vaccin RRO et de l’autisme subsistent et se répandent malgré le corpus croissant d’études de qualité qui démontrent qu’il n’y a AUCUN lien de causalité entre l’administration du vaccin RRO et la manifestation de l’autisme.

    • Il existe maintenant une foule de revues prédatrices qui offrent de publier en ligne, contre paiement et sans comité de lecture, des articles de faible rigueur scientifique… et le grand public a encore plus de mal à faire la distinction entre la science de bonne et de mauvaise qualité.

  • Les nouveaux vaccins recommandés : L’introduction de nouveaux vaccins et les modifications apportées aux calendriers de vaccination et à leurs recommandations peuvent susciter des réserves dans la population, ce qui ne fait qu’ajouter à l’attrait des messages prônant l’inutilité des vaccins.
  • Le manque de constance dans les recommandations : Les différences régionales au Canada entre les vaccins recommandés, les calendriers vaccinaux et les informations sur les vaccins contribuent aussi à la remise en question des vaccins dans l’opinion publique et peuvent miner la confiance envers l’innocuité des vaccins.
  • L’augmentation du nombre d’immunisations (vaccins combinés ou injections multiples lors d’une même visite) : Il y a eu des avancées considérables dans la mise au point de vaccins, mais l’augmentation du nombre de vaccins recommandés et de leurs antigènes au cours d’une même visite alimente au sein du public la crainte que le système immunitaire ne devienne surchargé. Il importe de remettre les choses en perspective : un nourrisson est exposé à des milliers d’antigènes par jour dans la vie courante – c’est bien plus que le nombre d’antigènes qui se trouvent dans les vaccins recommandés lors d’une même visite.

  • Les motivations politiques : Les désaccords parmi les personnalités politiques ou les figures d’autorité et la propagation intentionnelle de désinformations discréditent les vaccins, sont sources de confusion et minent la confiance du public.

Les interactions sociales entre personnes de même opinion, comme on l’a vu dans le mouvement antivaccins, peuvent aussi amplifier les inquiétudes, les expériences négatives et les convictions individuelles au sujet des vaccins. De plus, les avancées des technologies de communication basées sur Internet (médias sociaux et applications de messagerie) depuis 10 ans favorisent la dissémination rapide et contagieuse des informations à de vastes publics, reliant des personnes et des collectivités très éloignées sur le plan géographique (6-7). Une étude a aussi montré que les considérations négatives se propagent plus vite et plus loin que les commentaires positifs au sujet de la vaccination (8).

L’acceptation des vaccins au Canada : état des lieux

La très grande majorité des parents au Canada choisissent de faire vacciner leurs enfants, mais des études ont montré que beaucoup se disent inquiets et que tous ne sont pas convaincus par les arguments scientifiques (9-10). Selon des sondages menés au pays, une proportion considérable de Canadiens ont une perception négative des vaccins, et environ 20 % croient qu’ils sont liés à l’autisme (11-15). Selon la plus récente Enquête nationale sur la couverture vaccinale des enfants (2015), 65 % des parents et tuteurs se disent préoccupés par les éventuels effets secondaires des vaccins, et 37 % pensent qu’un vaccin peut causer la maladie qu’il est censé prévenir (1). En outre, un petit nombre de parents et tuteurs (15 %) croyaient que des pratiques complémentaires et parallèles comme l’homéopathie ou les traitements chiropratiques peuvent éliminer le besoin de vaccins.

Soixante-dix p. cent des répondants d’un sondage mené par le Réseau canadien de recherche sur l’immunisation (RCRI) en 2015 croyaient qu’en tant que parents, c’était leur rôle de s’interroger sur les vaccins, et 19 % se disaient hésitants par rapport à la vaccination (9). Dans une autre étude canadienne, menée en 2014, 40 % des mères hésitaient à faire vacciner leur enfant, la majorité entre eux invoquaient des raisons de sécurité, comme la peur des effets indésirables, du trop grand nombre de vaccins et de l’affaiblissement du système immunitaire (16).

Malgré tous ces motifs de préoccupation, bien plus de 80 % des parents acceptent la vaccination pour leurs nourrissons et leurs enfants (1). Au Canada, l’acceptation des vaccins est le comportement prédominant – mais va-t-il le rester devant le concert de plus en plus assourdissant des voix antivaccins?

Soutenir la confiance, la demande et la résilience

Instaurer et entretenir la confiance publique envers les vaccins et envers le système de santé qui administre ces vaccins exige des processus en amont et en aval, l’observation et l’écoute des motifs de préoccupation du public, la valorisation des personnes qui acceptent les vaccins et le renforcement positif du comportement d’acceptation des vaccins (17).

Ce que les programmes de vaccination peuvent faire à l’échelle locale :

1. Cibler le message et l’adapter à la population
En préparant des messages, il faut s’assurer qu’ils sont non seulement factuels, mais adaptés à la population cible (18). Comme l’a montré la campagne « I immunise » en Australie, un message adapté qui joue sur les valeurs, l’idéologie et l’identité d’une population peut faire en sorte que les vaccins soient mieux acceptés dans des groupes qui étaient auparavant hésitants à leur égard (19).

Des recherches ont montré que lorsque des messages heurtent les convictions personnelles, ils peuvent être polarisants et renforcer ces convictions (20). Les messages qui contiennent trop d’informations et qui préconisent ou défendent trop lourdement la vaccination peuvent aussi avoir l’effet contraire et accroître l’hésitation.

Il faut toujours tester les messages avant leur diffusion dans la population cible pour s’assurer qu’ils donnent les résultats escomptés. Il est important aussi d’évaluer, après leur diffusion, si les messages ont porté et quels seraient les aspects à améliorer (18).

2. Mettre l’accent sur le consensus scientifique et la norme sociale
Des recherches ont montré qu’en mettant l’accent sur le consensus scientifique autour des avantages, de l’innocuité et de l’importance des vaccins, on peut réduire les inquiétudes à leur sujet (21). En valorisant les décisions des parents, des patients et des communautés qui acceptent les vaccins et en soulignant que le choix de vacciner est une norme sociale, on peut aussi favoriser l’acceptation des vaccins, stimuler la demande et faire augmenter la résilience (17).

3. Préparer et planifier en cas de crise
Pour entretenir la confiance envers les vaccins, le personnel soignant et le système de santé doivent rester en communication avec le public pour renforcer ses connaissances et sa conscience des risques et des avantages des vaccins et des maladies évitables par la vaccination. Il est essentiel d’élaborer un plan de communication, y compris un plan de communication de crise, pour maintenir l’acceptation et l’adoption des vaccins durant les peurs vaccinales (manifestations postvaccinales indésirables [MAPI], rappels de vaccins, reportages des médias ou rumeurs au sujet d’un vaccin) et/ou les modifications aux calendriers de vaccination (18).

Voici les éléments à considérer durant l’élaboration d’un plan de communication (18) :

  • Ne pas se contenter de réagir : agir en amont
  • Comprendre les motifs de préoccupation
  • Garder à l’esprit que pour changer les comportements, les connaissances sont nécessaires, mais non suffisantes
  • Cibler le message et l’adapter à la population
  • Parmi les très nombreux outils de communication, choisir ceux qui atteindront la population cible et qui réussiront le mieux à promouvoir l’adoption des vaccins
  • Évaluer et cerner les aspects à améliorer pour atteindre la population cible
Ce que le personnel soignant peut faire à l’échelle individuelle :

1. Techniques pour parler de vaccination
Les conversations avec les parents et les patients qui hésitent peuvent être émotives pour toutes les parties en cause (22). Quand vous parlez aux parents et aux patients, songez à :

a.  Présenter la vaccination selon un modèle présomptif et non participatif :
Une étude a montré que pour favoriser l’acceptation des vaccins, il est plus efficace de présenter la vaccination selon un modèle présomptif que participatif (23).

Présomptif : « C’est le temps pour Sarah de recevoir ses vaccins aujourd’hui. »
Participatif : « Aimeriez-vous que Sarah reçoive ses vaccins aujourd’hui? »

b.   Utiliser l’entrevue motivationnelle :
L’entrevue motivationnelle est une technique centrée sur l’usager qui peut être utile pour disséquer et explorer les motifs de préoccupation des patients et des parents hésitants face aux vaccins (24). Ce type d’entrevue consiste à travailler avec le patient et le parent plutôt que de lui faire la leçon.

Exemple de cheminement d’entrevue motivationnelle (18) :

  • Questions ouvertes : Quelles sont vos préoccupations?
  • Affirmations : Je comprends
  • Écoute réflective : Vous avez des craintes par rapport à...
  • Résumé : Pour résumer...

2. Recommandations du personnel soignant
Le personnel soignant est encore perçu par le public comme étant la source la plus fiable d’informations et de conseils sur la vaccination. Les recommandations des dispensateurs de soins sont donc importantes pour restaurer la confiance envers les vaccins et pour en stimuler l’acceptation et l’adoption (11; 25).

Des recherches ont montré que les gens sont en général plus positifs, confiants et réceptifs aux informations qu’ils reçoivent s’ils les ont déjà entendues ou si ces informations sont répétées, claires et faciles à comprendre sur le plan de la forme et du langage (26).

Voici le plus important quand vous parlez aux parents et aux patients (18) :

  • Éviter le jargon susceptible d’être mal interprété; il vaut mieux par exemple parler d’ « immunité collective » que d’ « immunité de troupeau », un terme qui peut en rebuter certains.
  • Éviter les expressions techniques.
  • Transmettre le message dans un langage et un contexte qui correspondent aux besoins du parent ou du patient.
  • Employer des dénominateurs communs pour comparer des taux d’incidence.
  • Expliquer la probabilité d’un événement unique.
  • Utiliser des supports visuels pour mieux transmettre les informations.

Quand vous présentez des données, songez à (18) :

  • Présenter les données en chiffres absolus (1 enfant sur 10) et non selon le risque relatif (10 % des enfants).
  • Bien formuler le message. Un message formulé comme une perte risque davantage d’inquiéter que s’il est formulé comme un gain.
  • Illustrer votre propos par une histoire.
  • Donner une petite poussée pour encourager l’acceptation des vaccins. Par exemple, le fait de mentionner que la majorité des parents choisissent d’accepter les vaccins systématiques parce qu’ils veulent protéger leurs enfants peut convaincre les gens d’accepter les vaccins. Attention de ne pas semer la peur, car cela peut avoir l’effet inverse.
  • Résumer le message en allant à l’essentiel (p. ex. « Et c’est important parce que… »).

3. Renforcement de l’acceptation des vaccins
Le personnel soignant peut renforcer les comportements d’acceptation des vaccins en valorisant les décisions des parents et des patients qui acceptent les vaccins recommandés au moment prévu au calendrier. Vous pouvez aussi souligner que le choix de vacciner est une norme sociale qui bénéficie non seulement aux personnes vaccinées, mais à leur famille et à leur communauté (17).


Bibliographie
  1. Agence de la santé publique du Canada. Couverture vaccinale des enfants canadiens : résultats de l’Enquête sur la couverture vaccinale nationale des enfants (ECVNE) de 2015, s.l.,: ASPC, 2018.
  2. MacDonald, N.E., et Groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur l’hésitation à l’égard des vaccins. « Vaccine hesitancy: definition, scope and determinants », Vaccine, vol. 33, no 34 (2015), p. 4161-4164.
  3. Larson, H.J., W.S. Schulz, J.D. Tucker et D.M. Smith. « Addressing the vaccine confidence gap », The Lancet, vol. 378, no 9790 (2011), p. 6-12.
  4. MacDonald, N.E., et A. Picard. « A plea for clear language on vaccine safety », Journal de l'Association médicale canadienne, vol. 189, no 7 (2009), p. 697-698.
  5. Organisation mondiale de la santé. Best Practice Guidance: How to Respond to Vocal Vaccine Deniers in Public, Copenhague, Bureau régional pour l’Europe de l’OMS, 2017.
  6. Larson, H.J., W.S. Schulz, J.D. Tucker et D.M. Smith. « Measuring vaccine confidence: introducing a global vaccine confidence index », PLoS Currents, vol. 1, no 7 (2015).
  7. The Vaccine Confidence Project. The State of Vaccine Confidence 2015, 2015.
  8. Dunn, A.G., D. Surian, J. Leask, A. Dey, K.D. Mandl et E. Coiera. « Mapping information exposure on social media to explain differences in HPV vaccine coverage in the United States », Vaccine, vol. 35, no 23 (2017), p. 3033-3040.
  9. Dubé, E., D. Gagnon D, M. Ouakki et al., au nom du Réseau canadien de recherche sur l’immunisation. « Measuring vaccine acceptance among Canadian parents - a survey of the Canadian Immunization Research Network », Vaccine, vol. 36, no 4 (2018), p. 545-552.
  10. Larson, H.J., A. de Figueiredo, Z. Xiahong et al. « The state of vaccine confidence 2016: global insights through a 67 country survey », EBioMedicine, vol. 12 (2016), p. 295-301.
  11. Dubé, E., J.A. Bettinger, W.A. Fisher et T. Hilderman. « Acceptation, refus et hésitation à la vaccination au Canada », Relevé des maladies transmissibles au Canada, vol. 42, no 12 (2016), p. 246 251.
  12. Mainstreet Technologies. « 62% say child care facilities should shun unvaccinated », Manitoba, Scribd (2015) [consulté le 26 février 2019]. Sur Internet : https://www.scribd.com/doc/255007188/Mainstreet-Technologies-Manitoba-and-Vaccinatons-Poll.
  13. Mainstreet Technologies. « 66% say child care facilities should shun unvaccinated », Saskatchewan, Scribd (2015) [consulté le 26 février 2019]. Sur Internet : https://www.scribd.com/doc/254907012/Mainstreet-Technologies-Saskatchewan-and-Vaccinatons-Poll.
  14. Mainstreet Technologies. « 65% say child care facilities should shun unvaccinated », Alberta, Scribd (2015) [consulté le 26 février 2019]. Sur Internet : https://www.scribd.com/document/254904718/Mainstreet-Technologies-Alberta-and-Vaccinatons-Poll.
  15. Mainstreet Technologies. « 67% say child care facilities should shun unvaccinated », Ontario, Scribd (2015) [consulté le 26 février 2019]. Sur Internet : https://www.scribd.com/document/254901898/Mainstreet-Technologies-Ontario-and-Vaccinatons-Poll.
  16. Dubé, E., D. Gagnon, Z. Zhou et G. Deceuninck. « Parental vaccine hesitancy in Quebec (Canada) », PLoS Currents, vol. 8 (2016).
  17. Dubé, E., et N.E. MacDonald. « Vaccination resilience: building and sustaining confidence in and demand for vaccination », Vaccine, vol. 35, no 32 (2017), p. 3907-3909.
  18. MacDonald, N.E., et E. Dubé. Canadian Guidance on Addressing Vaccine Hesitancy to Help Foster Vaccine Demand and Acceptance: Building Resilient Pro-Vaccine Communities, s.l. [rapport d’orientation inédit], 2019.
  19. Attwell, K., et M. Freeman. « I Immunise: an evaluation of a values-based campaign to change attitudes and beliefs », Vaccine, vol. 33, no 46 (2015), p. 6235-6240.
  20. Nyhan, B., J. Reifler, S. Richey et G.L. Freed. « Effective messages in vaccine promotion: a randomized trial », Pediatrics, vol. 33, no 4 (2014), p. e835-e842.
  21. van der Linden, S.L., C.E. Clarke et E.W. Maibach. « Highlighting consensus among medical scientists increases public support for vaccines: evidence from a randomized experiment », BMC Public Health, vol. 15 (2015), p. 1207.
  22. Berry, N.J., A. Henry, M. Danchin et al. « When parents won’t vaccinate their children: a qualitative investigation of Australian primary care providers’ experiences », BMC Pediatrics, vol. 17, no 19 (2017).
  23. Hofstetter, A.M., J.D. Robinson, K. Lepere, M. Cunningham, N. Etsekson et D.J. Opel. « Clinician-parent discussions about influenza vaccination of children and their association with vaccine acceptance », Vaccine, vol. 35, no 20 (2017), pp. 2709-2715.
  24. Reno, J.E., S. O’Leary, K. Garrett, J. Pyrzanowski, S. Lockhart, E. Campagna, J. Barnard et A.F. Dempsey. « Improving provider communication about HPV vaccines for vaccine-hesitant parents through the use of motivational interviewing », Journal of Health Communication, vol. 23, no 4 (2018), p. 313-320.
  25. Dubé, E, C. Laberge, M. Guay, P. Bramadat, R. Roy et J.A. Bettinger. « Vaccine hesitancy: an overview », Human Vaccines & Immunotherapeutics, vol. 9, no 8 (2013), p. 1763-1773.
  26. Alter, A.L., et D.M. Oppenheimer. « Uniting the tribes of fluency to form a metacognitive nation », Personality and Social Psychology Review, vol. 13, no 3 (2009), p. 219-235.